Jean Marc Salmon
L’emploi « naïf » de la notion de crise dans les sciences humaines n’est pas toujours si naïf. Il ne signifie pas seulement que « ça ne va pas » ou que « tout va mal ». Il signifie aussi souvent que la crise est un révélateur et un effecteur, et une ambivalence. La preuve, en 1997 alors que l’Asie traversait une crise sans précédant, Wall Street sautait de records en records. Cette situation symbolise bien l’ambivalence et les incertitudes d’une période crise. Pour certains ce phénomène était le signe annonciateur une catastrophe financière majeure.
Selon Jean Marc Salmon, le cycle néolibéral, vieux d’une trentaine d’année a été marqué par multitude de crise. « Bien qu’elles aient des caractéristiques des temporalités différentes, elles peuvent se nourrir les unes, les autres, ou, elles peuvent produire des effets de yo-yo : quand l’une monte, l’autre baisse, et vice-versa. Elles se coalescent en un complexité, une multicrise ».
Ce qui nous intéresse ici, c’est de l’inscrire dans une perspective réflexive de la notion de crise, notamment les interrogations suscitées par ces derniers événements.
Lire également, "Multicrise, gouvernance et mondialisation : une introduction", dont voici l'abstract :
"Le cycle historique, qui a débuté durant la décennie 70, se termine par une conjonction de crises – économique, financière, alimentaire, énergétique, climatique – aux caractéristiques et aux temporalités différentes. Quelles réponses appellent cette multicrise ? Ces questions sont souvent pensées dans le cadre d’une opposition entre plus de gouvernance et plus de gouvernement. À l’orée d’un nouveau cycle historique, l’oscillation conceptuelle revient vers les politiques de la régulation. Pour autant, le néo-interventionnisme étatique réduira-t-il la suprématie des marchés financiers globalisés inaugurée dans le virage des années 1970 ? Jusqu’où ira la remise en cause des choix néo-libéraux effectués ces années-là ? En amont de ce débat classique sur le rôle de l’État se situe la relation entre risques et crises. Cette analyse souligne que les dispositifs de prévention et de contrôle des risques ont failli, qu’ils procèdent de la gouvernance et de la régulation (crise financière) ou de politiques publiques réglementaires (agrocarburants). La connexité entre les risques a été sous-évaluée ou ignorée. Le multirisque devient un trait sociologique majeur : les interconnexions croissantes des sociétés ont franchi un nouveau seuil avec les dernières avancées de la mondialisation. Au lieu de subir la multicrise, peut-on utiliser stratégiquement cette connexité des risques et des crises ?"
"Le cycle historique, qui a débuté durant la décennie 70, se termine par une conjonction de crises – économique, financière, alimentaire, énergétique, climatique – aux caractéristiques et aux temporalités différentes. Quelles réponses appellent cette multicrise ? Ces questions sont souvent pensées dans le cadre d’une opposition entre plus de gouvernance et plus de gouvernement. À l’orée d’un nouveau cycle historique, l’oscillation conceptuelle revient vers les politiques de la régulation. Pour autant, le néo-interventionnisme étatique réduira-t-il la suprématie des marchés financiers globalisés inaugurée dans le virage des années 1970 ? Jusqu’où ira la remise en cause des choix néo-libéraux effectués ces années-là ? En amont de ce débat classique sur le rôle de l’État se situe la relation entre risques et crises. Cette analyse souligne que les dispositifs de prévention et de contrôle des risques ont failli, qu’ils procèdent de la gouvernance et de la régulation (crise financière) ou de politiques publiques réglementaires (agrocarburants). La connexité entre les risques a été sous-évaluée ou ignorée. Le multirisque devient un trait sociologique majeur : les interconnexions croissantes des sociétés ont franchi un nouveau seuil avec les dernières avancées de la mondialisation. Au lieu de subir la multicrise, peut-on utiliser stratégiquement cette connexité des risques et des crises ?"

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